Interview : Halflives

Published: January 20, 2019
Entretien avec Linda Battilani, chanteuse du groupe de rock alternatif italien Halflives qui risque de faire beaucoup parler de lui en 2019 !

AlternativNews : Salut, et bonne année 2019 ! Comme je le demande généralement en début d’interview, peux-tu te présenter ?

Linda Battilani (chant) : Hey ! Bonne année à toi aussi, merci de me recevoir. Ici Linda de Halflives.

AN : Le groupe vient originellement d’Italie, mais vous vous êtes établis en France. Pourquoi ce choix ?

LB : J’ai déménagé en France il y a 2 ans pour des raisons personnelles. Après ça, on a eu un changement de line-up, et un nouveau membre originaire de Paris a intégré le groupe (Tony, guitare). Maintenant que la moitié du groupe est ici, et que notre management/booking est également à Paris, on s’est dit que ça faisait plus sens de bouger le siège du groupe ici.

AN : Vous avez un son assez caractéristique : chanteuse, touche électro, refrains catchys et pop-esques, toujours avec une touche de musique alternative dans les mélodies. Comment décrirais-tu ton groupe ? Qui sont vos principales influences ?

LB : C’est une question compliquée, je peux soit te faire 20 pages sur ma manière d’écrire, sur tout ce que je fais et écoute ; ou le résumer en 2 lignes ce qui serait évidemment restrictif (en plus, tu as déjà fait dans ta question une assez bonne description). En termes d’influences, je m’inspire non seulement des artistes que j’écoute mais également des films et des jeux vidéo (auxquels je joue beaucoup). Musicalement parlant, j’écoute principalement de la pop, donc c’est de là que vient le côté entraînant. Pour le côté rock, c’est ce qu’il reste de tout ce que j’ai écouté depuis ado. Tu peux donc dire que la musique de Halflives est un mix entre qui je suis et qui j’étais.



AN : Halflives a sorti un premier album en 2017 prénommé Empty Rooms, qui vous a permis de tourner dans de nombreux pays en Europe. Un an plus tard, vous avez sorti un nouveau single "Crown", suivi en novembre par un autre nommé "Fugitive". Vous avez été assez productifs ! Comment faites-vous pour écrire des morceaux si rapidement ?

LB : Si rapidement ? J’ai l’impression qu’on prend notre temps, c’est quelque chose à laquelle on fait attention car je ne veux pas sortir le premier morceau qui me passe par la tête. Avant de sortir une chanson, il y a beaucoup de travail, de vérification, de revérification… La plupart des morceaux que l’on a préproduit après la sortie d’Empty Rooms n’en sont pas encore à l’étape finale.

AN : Concentrons-nous maintenant sur ces nouveaux morceaux. A leur écoute, ils me semblent plus matures, plus équilibrés que ceux d’Empty Rooms, plus puissants aussi. Par exemple les refrains sont très forts, la voix monte haut, très haut, plus haut que dans le premier album. En comparaison avec ce dernier, on a l’impression que vous osez vraiment avec ces morceaux. C’était le plan ?

LB : Bien sûr ! On voulait viser plus haut avec ces chansons, ajouter de nouveaux éléments (dans "Fugitive", tu peux entendre un peu de trap, dans "Crown" de l’electro dance music). Quand j’essaye de nouvelles choses, j’ai toujours un peu peur de la réaction du public au début, qu’il ne soit pas aussi enthousiaste que moi, mais heureusement, il l’a totalement été.

AN : Si l’on réfléchit un peu, on se dit qu’avec "Fugitive" et "Crown" on peut s’attendre à un nouveau disque pour cette année.

LB : 'Fugitive" et "Crown" sont juste deux singles. On travaille actuellement sur de nouveaux morceaux, sans réfléchir à si ce sera un EP ou un album, ou quand ça sortira. Comme je te l’ai dit avant, on prend notre temps et rien ne sortira avant que je sois 100% convaincue par quelques morceaux.


AN : Allez-vous suivre cette direction sonore pour le prochain CD ?

LB : Aujourd’hui, les précédemment mentionnés « quelques morceaux » en cours prennent différentes directions puisque j’expérimente un peu de tout (seulement piano et voix, sonorités 80’s, acoustique, et aussi un peu du bon vieux son de Halflives). Une fois que j’en ai fini avec l’avalanche d’idées, je me décide sur une direction à prendre et je la suis.

AN : Empty Rooms est sorti en full indé, produit mixé et masterisé par Francesco Catitti, ou Katoo. Vas-tu faire de même pour le prochain ?

LB : Katoo et moi avons une bonne relation professionnelle et c’est difficile de trouver la bonne entente pour l’écriture et la production. Depuis que je l’ai trouvée avec lui, je pense qu’on continuera de travailler ensemble aussi longtemps que possible (même si je travaille avec d’autres producteurs en même temps). Pour ce qui est de savoir si on sortira de nouvelles musiques indépendamment ou non, je ne peux pas encore le savoir.



AN : 2019 commence bien pour vous puisque vous partez en tournée au Royaume-Uni en ouverture de The Faim et Chapel. Qu’est-ce que ça te fait ?

LB : On est tous très excités, c’est une opportunité que l’on cherchait depuis longtemps et finalement ça arrive. J’espère que ça nous ouvrira de nouvelles portes.

AN : Vous avez déjà tourné au Royaume-Uni, en première partie de Courage My Love. Ces pays sont considérés comme ayant un public très réactif mais en même temps assez difficile de cette scène musicale. Comment y avez été vous reçus la dernière fois ?

LB : Le public que l’on a rencontré a toujours super répondu à notre musique. Je trouve qu’à Paris en particuliers vous êtes assez réactifs à ce genre de musique. Au contraire, en Italie, j’ai l’impression qu’il n’y a pas trop de place pour cette scène (et c’est pour ça qu’on n’y joue pas trop).

AN : Récemment, Kerrang ! et Alternative Press ont parlé de vous. Qu’est-ce que ça fait d’être présenté sur des médias aussi importants pour la musique alternative ?

LB : C’est quelque chose à laquelle on ne pouvait que rêver quand on était jeunes, inexpérimentés et qu’on commençait à jouer ensemble. Ça semblait alors inaccessible et maintenant c’est réel donc je suis super contente pour ça.

AN : Pour parler de totalement autre chose, Tony qui est français, vous a rejoints en Août 2018 en tant que guitariste. Comment c’est arrivé ? 

LB : Comme je te le disais plus haut, j’ai déménagé en France il y a deux ans et, comme notre ancien guitariste a quitté le groupe, j’ai cherché des options sur Paris. Comme Tony était vraiment disposé à apprendre l’italien et me supporter, il nous a rejoints haha

AN : De manière assez étrange, les groupes avec une femmes dans leur line-up ne sont pas si communs sur cette scène, bien moins que des groupes 100% masculins. Et quand un groupe avec une chanteuse débarque, il est toujours comparé aux grands groupes avec une femme comme Paramore, PVRIS, Tonight Alive, Against The Current… J’imagine que chaque groupe de la scène (avec ou sans femme) est à un moment comparé à un autre, afin que nous médias puissions donner des directions à nos lecteurs. J’ai toutefois le sentiment qu’on est bien moins inspirés quand il s’agit d’un groupe avec une femme. As-tu l’impression que d’être toujours comparée, à tort ou à raison, à ces groupes, te limites dans le processus créatif, ou qu’au contraire ça te motive à aller plus loin pour que peut-être Halflives s’inscrive dans la petite liste que j’ai citée plus tôt ?

LB : Être comparée à PVRIS est mon nouveau cauchemar haha. Il y a quelques années, c’était Paramore, maintenant c’est PVRIS. A chaque fois que j’entre en studio, mon mantra c’est : ça ne doit pas sonner comme quelque chose qui pourra immédiatement être comparé à PVRIS. Malgré tous mes efforts, la comparaison est quand même faite, donc j’ai juste arrêté de m’en soucier. Comme tu l’as dit, ça peut aider à donner une idée approximative de comment on sonne à ceux qui ne connaissent pas Halflives. Mais, comme on essaye d’émerger en tant que nouveau groupe, on ne veut pas ressembler à quelque chose qui existe déjà, donc c’est assez délicat. C’est pour ça que j’expérimente beaucoup de nouvelles choses, comme je te le disais.

AN : Pour toi, quelle est la raison principale du manque de groupes avec des femmes ?

LB : Personnellement, j’ai l’impression qu’il y a de plus en plus de filles sur la scène alternative. Ce n’est pas comme il y a 10 ans où il n’y avait qu’Avril Lavigne et Hayley Williams haha. On reste une minorité, mais je ne me sens pas seule.



AN : « On est impatient de faire de 2019 notre plus grosse année jusqu’à maintenant ». Avec de telles sages paroles tirées de votre page Facebook, j’imagine qu’on pourra vous revoir rapidement en France et en Europe, mais que vous souhaitez également jouer dans d’autres pays, avoir votre propre tournée en headline….

LB : On a annoncé une date à Paris juste après notre tournée UK avec The Faim et Chapel, car on adore jouer ici et le public parisien est l’un de nos préférés : c’est le 8 février à l’international. Pour les tournées en tête d’affiche, on cherche en fait à faire un break car on en a fait beaucoup pour promouvoir Empty Rooms. Comme je l’ai mentionné plus tôt, je me concentre sur l’écriture, mais si d’autres opportunités de tournées en support se présentent, bien sûr qu’on y jettera un œil.

AN : Album, tournées, clips… Que peut-on attendre de votre part en 2019 ?

LB : Tu peux attendre beaucoup de teasing depuis le studio et éventuellement de la nouvelle musique. Pour ce qui est de quand, comment et sur quelle planète, je ne peux pas te le dire !

AN : Puisque c’est la période pour le faire, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle année ?

LB : Souhaite nous « bonne chance » ! On en a bien besoin.

AN : On te le souhaite alors, merci !

LB : Merci de m’avoir reçue, j’espère vous voir bientôt et bonne année !


Merci à Margaux d’Anchor Agency

Axel G.

Interview réalisée par mail le 2 janvier 2019.

crédits photos : Emma Forni / Chiara Ceccaioni / Recel W. Tonelada


Rock / Metal / Alternative
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